Plage normande. Je suis sur la digue, en train de boire un café avec ma cousine. Nous regardons les gens, la plage, le ciel. La mer est entre-deux, ni haute, ni basse. Une grande bande de sable est à nue avec des rigoles d'eau. Il n'y a pas beaucoup de monde mais la plage est habitée. Il y a des enfants, des jeunes, des moins jeunes. Des passants et des gens qui restent au même endroit.

On dirait un tableau de Boudin. L'immensité de la plage, le ciel, la lumière, le calme de la mer, les positions des gens. Il n'y a que les tenues vestimentaires qui changent. Pas de robe longue, pas d'ombrelle ici.

Une petite fille avec un maillot une pièce se croisant dans le dos est juste à la limite entre la mer et le sable. Elle est baissée en position de grenouille (les fesses sur les talons) et le dos droit. Je ne peux pas voir son visage mais je sais quel est son regard. Un regard sur la mer et sur l'horizon. Cela se voit à la position de son corps.

La petite fille est la seule personne dans une zone relativement large. Si l'on traçait un cadre rectangulaire, elle paraîtrait l'unique humaine dans ce paysage. Son maillot est rouge-orangé et la mer bleu-vert, sans doute avec les bons mélanges pour que les deux couleurs soient les complémentaires l'une de l'autre. J'ai envie de prendre une photo. J'ouvre mon sac. Je n'ai pas mon téléphone. De toute façon, qu'est-ce que j'aurais pu prendre  ? Il m'aurait fallu un véritable appareil, avec un zoom, et avoir des connaissances techniques.