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L'autre jour, il faisait beau. J'ai ressorti mon vélo et je suis allée me balader en bords de Seine. A un moment donné, j'ai tourné à gauche dans un petit parc que je trouve charmant. Les grilles étaient ouvertes. A quelques pas, il y avait un homme qui me regardait. J'y suis allée quand même. J'ai pensé qu'avec le beau temps, il y aurait un peu de monde.

Dans le parc, il y a une grande mare avec un sol en teck devant. Ce jour là, elle était encore clôturée par un grillage. Je ne m'y suis pas arrêtée. Je suis revenue un peu en arrière pour m'asseoir dans un autre lieu avec du bois, des plantes et de l'eau. J'y étais bien, à regarder le paysage et à rêvasser. Assez proches de moi (mais pas trop) deux autres femmes s'étaient installées. Et des gens passaient de temps en temps dans l'allée.

Je suis restée quelques petites minutes assise quand l'homme de l'entrée est arrivé. Il est passé juste à côté de moi. A ce moment là, je me suis rendue compte que les deux autres femmes étaient parties. J'étais seule à part deux personnes qui arrivaient à 30 mètres. L'homme a ralenti, il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit « bonjour ». Je ne lui ai rien répondu. Il a continué son chemin.

A partir de ce moment là, j'ai regardé l'allée pour vérifier qu'il y avait toujours quelqu'un qui arrivait.

J'ai repensé à tout ce qui c'était dit à la radio ou à la télévision concernant le «harcèlement » de rue. Je n'ai jamais bien compris ce mot dans ce contexte. En tout cas, ce qui était sûr, c'est que cet homme ne m'avait pas harcelée. Il m'avait juste regardée par deux fois (à l'entrée du parc et quand il est passé à côté de moi). Il m'avait juste adressé un mot. Cela ne peut pas être un délit de dire « bonjour ». Des tas d'inconnus se le disent quand ils se rencontrent dans la nature, en randonnée ou en balade. Mais là, c'était différent. A la fois son regard et son bonjour étaient inquiétants. C'était la manière de le dire. Je me suis dit que finalement, dans toutes ces questions de soi disant « harcèlement », ce ne sont pas les faits en eux même qui sont problèmatiques (je n'ai pas de raison de me plaindre d'un bonjour). Ce qui est problématique, c'est l'inquiétude, voire la peur. Parce qu'en bout de chaîne, il y a cette peur. On sait toutes que les agressions sexuelles existent.