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Oui, je pense qu'il y a un peu de soi dans toutes les histoires que l'on écrit, un soi conscient, mais quelquefois aussi un soi inconscient (c'est bien aussi de laisser parler son inconscient et de voir ce qu'il vous fait écrire). Il y a de soi, dans le personnage principal mais quelquefois aussi dans un personnage secondaire.

Lorsque j'ai écrit l'assistante du dentiste, je n'étais au départ ni l'assistante ni la dentiste. J'étais la patiente ou devrais-je dire celle qui était allongée et très impatiente de quitter le cabinet. Mais évidemment, lorque je me suis retrouvée devant mon écran d'ordinateur, et que j'ai écrit cette histoire à la première personne du singulier, je me suis mise à la place de l'assistante.

Lorsque j'ai écrit Décision à prendre, c'était après la visite à une collègue. Elle habitait une une maison que j'ai adorée. A cette époque, je projetais de me séparer du père de mes enfants et je me suis dit que si j'habitais cette maison là, j'aurais beaucoup de mal à en partir.

Lorsque j'ai écrit l'histoire de la mariée, je n'étais ni la mariée ni une invitée mais une spectatrice. J'étais au parc avec mes enfants. C'était il y a assez longtemps. Ils devaient jouer quelque part avec leurs copains et moi j'étais assise sur la pelouse, devant le bassin. Il faisait doux, j'étais bien, vraiment bien. Ce devait être un samedi car un mariage est venu s'installer là. J'aime bien regarder les mariages, une nostalgie de l'adolescence où je rêvais de me marier en robe blanche (ce qui ne m'est pas arrivé). Je regardais la mariée, le marié, le photographe, les invités. C'était l'image du bonheur, mais un bonheur trop lisse. Juste une surface de bonheur. Ca n'avait pas l'air complètement vrai. Est-ce la jalousie qui me faisait dire ça ? Ou quelque chose que j'ai senti en les regardant ? Tout était trop tranquille. Je me suis dit qu'il devait y avoir une faille quelque part. Une péniche est passée et j'ai trouvé une histoire.

Il y a des histoires dont je me souviens très bien du point de départ et du moment où j'y ai pensé. D'autres non. Je m'attache davantage aux premières indépendamment du résultat.